13/09/2005

Humeurs du jour

  • La série noire de l'aviation civile a engendré l'apparition d'une nouvelle catégorie de mécontents : les objecteurs de transports. Ils ont payé - souvent pas cher - pour quitter le plancher des vaches ; ils n'entendent pas le retrouver avant d'être arrivés à destination. Ils souhaitent voler et ne veulent pas être volés. Un rien les angoisse après le décollage, tout les alerte avant : une flaque d'huile sous une aile ; les pales d'un réacteur souillées par un pigeon imprudent ; une climatisation défectueuse ; un personnel de bord aussi stressé qu'eux. Je fais partie de ces froussardes aéroportées. Mais j'étais encore plus peureuse devant l'ordre établi que face au spectre de l'accident fatal : j'embarquais quand même. Et je suis toujours revenue. Jusqu'au moment où je ne suis plus jamais partie.

 

  • Angoissante époque que la nôtre où il faut disposer des garde-fous tout au long des ponts qui enjambent les autoroutes pour dissuader les passants honnêtes de balancer des parpaings sur les limousines familiales...
  • Les politiciens ne sont plus réactionnaires mais réactifs. La promptitude avec laquelle ils accourent sur le lieu d'une catastrophe aide sinon à surmonter un chagrin du moins à ce qu'on les voit à la peine. Un jour viendra où, dans chaque voiture de pompiers, il y aura un siège réservé au ministre de service.
  • Inepte et injuste, cette disposition du règlement de la Formule 1 qui fait partir en premier le jour de la course celui qui a roulé le plus vite durant les essais. Alors que l'inverse rétablirait l'égalité.
  • Si l'on veut vraiment endiguer l'obésité, cessons de souhaiter bon appétit aux rassasiés chroniques. Occupons-nous plutôt de ceux qui ont faim.
  • Houellebecq possède une qualité plus rare que le talent : il a de la verve. Une verve méchante, obscène, cynique, dogmatique, porno-métaphysique, chansonnière, écolo-libidineuse, clarificatrice, pédante, misogyne, zoophile, drôle et désespérée. On comprend qu'il ne cesse de relire Balzac, car il est loin de la puissance créatrice de la Comédie humaine, avec ses héros, zombies clonés à son image, qu'il numérote comme s'ils étaient des papes ou des rois.
  • A Cannes, cet été, la mer était aussi bien tenue que la literie dans un palace : dans sa baie, on changeait le paquebot tous les jours...


13:04 Écrit par Entre nous... | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

HOUELLEBECQ Tu as envoyé ta critique à Brice ?
http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/

Écrit par : | 13/09/2005

Merci pour ton commentaire
Farfablog c'est mieux !
Houelleblog ne sait pas que nous avons lu Dante, Boccace, Machiavel, Pic
....

Écrit par : | 13/09/2005

L'heure de Duke Baigné de justesse et d'injustices ce post.
Bise

Écrit par : DUKE | 13/09/2005

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